Pausa deste blog

mardi 26 août 2014

Manuel da Fonseca - "Antes que seja tarde / Avant qu'il ne soit trop tard"

Manuel Lopes da Fonseca (1911-1993), journaliste et poète portugais du néoréalisme, né à Santiago do Cacém et décédé à Lisbonne.

"Le néoréalisme s'impose surtout entre 1943 et 1950 : de nombreux écrivains prennent une part active à la résistance contre le fascisme et au nazisme, puis aux débats politiques une fois la guerre terminée.
Les thèmes les plus fréquents des œuvres néoréalistes sont la lutte des partisans, les revendications ouvrières et les révoltes des citadins...."


Je vous invite à apprécier ce joli poème, et pour ceux qui ne connaissent pas le portugais, je présente ma traduction d'amateur:
 

Antes que Seja Tarde / Avant qu’il ne soit trop tard

Amigo, 
tu que choras uma angústia qualquer 
e falas de coisas mansas como o luar 
e paradas 

como as águas de um lago adormecido, 
acorda! 
Deixa de vez 
as margens do regato solitário 

onde te miras 
como se fosses a tua namorada 
Abandona o jardim sem flores 

desse país inventado 
onde tu és o único habitante 

Deixa os desejos sem rumo 
e esse ar de renúncia 
às coisas do mundo. 

Acorda, amigo, 
liberta-te dessa paz podre de milagre 
que existe 

apenas na tua imaginação 
Abre os olhos e olha, 

abre os braços e luta! 
Amigo, 
antes da morte vir 
nasce de vez para a vida. 

Manuel da Fonseca, in "Poemas Dispersos"


 Mon ami,
 toi qui pleures sur une quelconque angoisse
 et qui parles de choses douces comme le clair de lune
 et immobiles

comme les eaux d’un lac endormi,
réveille-toi!
Laisse une fois pour toutes
 les rives du ruisseau solitaire

 où tu te contemples
 comme si tu étais ta propre fiancée.
 Abandonne le jardin sans fleurs

 de ce pays inventé
 où tu est le seul habitant.

 Laisse les désirs sans orientation
 de bateau à la dérive
et cet air de qui renonce
 à toutes les choses du monde.

 Réveille-toi mon ami
 libère-toi de cette paix pourrie
 qui n’existe

 que dans ton imagination.
 Ouvre les yeux et regarde,

 ouvre les bras e lutte!
Mon ami,
 avant que la mort arrive
 renaît  pour toujours à la vie.


Para melhor se entender a personalidade de Manuel da Fonseca, há que referir o seu percurso de intelectual lutador, comprometido com as questões candentes do seu tempo histórico, bem como a sua condição de protagonista do Neo-Realismo português. Não pode deixar de ser salientada a sua intervenção política e a sua fidelidade ao ideal comunista.

dimanche 9 mars 2014

António Nobre - "O teu retrato / Ton portrait"

António Nobre (1867-1900) -  "O teu retrato / Ton portrait"

Ma traduction libre de ce poème sur la femme:


O TEU RETRATO –
TON PORTRAIT

Deus fez a noite com o teu olhar,  Dieu a fait la nuit avec ton regard,
Deus fez as ondas com os teus cabelos; Dieu a fait les vagues avec tes cheveux;
Com a tua coragem fez castelos Avec ton courage il a fait des châteaux
Que pôs, como defesa, à beira-mar. Qu’il a posé, en défense, au bord de la mer.

Com um sorriso teu, fez o luar
Avec un tes des sourires, il a fait le clair de lune
(Que é sorriso de noite, ao viandante) (Qui est un sourire de nuit, pour le voyageur)
E eu que andava pelo mundo, errante, Et moi qui parcourait le monde, en errant,
Já não ando perdido em alto-mar! Je ne me retrouve plus perdu en haute mer!

Do céu de Portugal fez a tua alma!
Avec le ciel du Portugal il a fait ton âme
E ao ver-te sempre assim, tão pura e calma, Et en te voyant toujours ainsi, si pure et calme,
Da minha Noite, eu fiz a Claridade! De ma Nuit, j’en ai fait la Clarté!

Ó meu anjo de luz e de esperança,
Oh mon ange de lumière et d’espoir
Será em ti afinal que descansa Serait-ce en toi que, en fin de compte, repose
O triste fim da minha mocidade!
La triste fin de ma jeunesse!

 

Source:http://gavetadenuvens.blogspot.pt/2005/09/poemas-de-amor-portugueses.html

jeudi 9 janvier 2014

Florbela Espanca - Se tu viesses ver-me... / Si tu venais me voir

Florbela Espanca - (1894-1930) - Se tu viesses ver-me... / Si tu venais me voir

(ma traduction libre pour vous aider à connaitre ce joli poème)


Si tu venais me voir...
 

Si tu venais me voir aujourd'hui le soir,

Á l'heure des fatigues magiques,

Quand la nuit tout doucement s'approche,

Et si tu me serrais dans tes bras...
 

Lorsque je me rapelle: cette saveur qu'avait

Ta bouche... l'écho de tes pas...

Ton rire de source... tes étreintes...

Tes baisers... et ta main dans la mienne...
 

Si tu venais quand, belle et folle,

Dessinant les lignes très douces d'un baiser

De soie vermeille, en chantant et en riant
 

Ma bouche est comme un oeillet au soleil...

Lorsque mes yeux se ferment de désir ...
 
Et mes bras se tendent vers toi... 

source, le texte original:

Se tu viesses ver-me...

Se tu viesses ver-me hoje à tardinha,
A essa hora dos mágicos cansaços,
Quando a noite de manso se avizinha,
E me prendesses toda nos teus braços...

Quando me lembra: esse sabor que tinha
A tua boca... o eco dos teus passos....
O teu riso de fonte... os teus abraços...
Os teus beijos... a tua mão na minha...

Se tu viesses quando, linda e louca,
Traça as linhas dulcíssimas dum beijo
E é de seda vermelha e canta e ri

E é como um cravo ao sol a minha boca...
Quando os olhos se me cerram de desejo...
E os meus braços se estendem para ti...

Florbela Espanca (poétesse portugaise)