vendredi 23 février 2018

Fernando Pessoa: "Poema de um Amigo aprendiz / Poeme d' un ami Ami apprenti"


Fernando Pessoa (1888-1935)  - poète portugais

"Poema de um Amigo aprendiz / Poeme d' un Ami apprenti"


Voici ma traduction libre, pour aider ceux qui ne comprennent pas le portugais:

Je veux être ton ami.
Ni de trop, ni pas assez.
Ni de loin, ni de trop près.
Aussi proche de la bonne mesure que je le pourrai.
Mais t'aimer, sans mesure, 
faire partie de ta vie 
de la façon la plus discrète 
que je le saurai.
Sans te priver de la liberté.
Sans jamais t'opprimer.
Sans parler lorsqu'il sera temps 
de se taire,et sans se taire, quand
il sera temps de parler.
Ni trop absent ni trop présent,
simplement,
calmement, t'apporter la paix...
C'est beau d'être un ami.
Mais, je l'avoue,
c'est si difficile d'assimiler !
Et c'est pourquoi 
je te demande d'être patient.
Je vais couvrir ton visage 
de souvenirs !
Donne-moi le temps  
de nos distances harmoniser!


Je vous invite à écouter ce joli poème de chanté par Rodrigo Costa Félix, accompagné à la guitare portugaise par son épouse Marta Pereira Costa:


Rodrigo Costa Félix - Amigo Aprendiz Publié par Farol Musica

Ajoutée le 14 mai 2012 O primeiro excerto retirado do novo álbum de Rodrigo Costa Félix, "Fados de Amor".
O lindo poema de Fernando Pessoa, interpretado por Rodrigo Costa Félix, acompanhado à guitarra portuguesa, de sua esposa Marta Pereira Costa.




POEMA DE UM AMIGO APRENDIZ

Quero ser teu amigo.
Nem demais e nem de menos.
Nem tão longe nem tão perto.
Na medida mais precisa que eu puder.
Mas amar-te, sem medida,
e ficar na tua vida
da maneira mais discreta
que eu souber.
Sem tirar-te a liberdade.
Sem jamais te sufocar.
Sem falar quando for hora de
calar,e sem calar, quando
for hora de falar.
Nem ausente nem presente por
demais,simplesmente,
calmamente, ser-te paz...
É bonito ser amigo.
Mas, confesso,
é tão difícil aprender!
E por isso
eu te suplico paciência.
Vou encher este teu rosto
de lembranças!
Dá-me tempo
de acertar nossas distancias!


Fernando Pessoa


samedi 27 janvier 2018

Ary dos Santos – “Meu Amor / Mon Amour”



Ary dos Santos, (1937 - 1984) compositeur et poète portugais, né à Lisbonne, auteur d'un grand nombre de poèmes pour chansons.
Les chanteurs de fado portugais, ont chanté et chantent toujours, beaucoup de chansons écrites par le grand compositeur Ary dos Santos.

Je vous propose de suivre la traduction du poème "Meu Amor, meu amor" mis en musique par Alain Oulman et chanté par Amália Rodrigues.

Mon Amour, Mon Amour 
Mon corps qui s'agite 
Ma voix qui cherche
Sa propre complainte.

Mon citron d'amerture
Mon poignard grandissant
Nous avons arrêté le temps,
Nous ne savons pas mourir 
Et nous naissons, nous naissons
De notre désanchantement. 

Mon Amour, Mon Amour 
Mon oiseau gris 
Qui pleures la distance 
De notre éloignement. 

Mon Amour, Mon Amour 
Mon noeud de souffrance 
Mon moulin de tendresse
Mon navire de tourment 

Cette mer ne peut guérir,
Ce ciel n'a pas d'air 
Nous avons arrêté le vent
Nous ne savons pas nager
Et nous mourons...nous mourons 
Doucement...doucement.


Publié par  ingifrance Une des plus belles chansons de Amália Rodrigues 
AMÁLIA da Piedade Rodrigues (July 23, 1920 - October 6, 1999) 
FADO: Meu amor, meu amor 
POEMA: José Carlos Ary dos Santos (in 'Com que Voz', 1968)
MÚSICA: Alain Oulman


Meu Amor, Meu Amor 
Meu corpo em movimento 
Minha voz à procura 
Do seu próprio lamento.

Meu limão de amargura
Meu punhal a crescer 
Nós parámos o tempo,
Não sabemos morrer 
E nascemos, nascemos 
Do nosso entristecer. 

Meu Amor, Meu Amor 
Meu pássaro cinzento 
A chorar a lonjura 
Do nosso afastamento 

Meu Amor, Meu Amor 
Meu nó de sofrimento 
Minha mó de ternura 
Minha nau de tormento

Este mar não tem cura,
Este céu não tem ar 
Nós parámos o vento
Não sabemos nadar 
E morremos...morremos 
Devagar...devagar.


José Carlos Ary dos Santos (Lisboa, 7 de Dezembro de 1937 — Lisboa, 18 de Janeiro de 1984)

vendredi 29 décembre 2017

David Mourao-Ferreira - "Natal a Beira-rio / Noel en bord de riviere"



David Mourão-Ferreira (1927-1996) né et décédé à Lisbonne, a été une présence marquante dans la littérature du Portugal du XXe siècle.
Romancier, poète, licencié en Philologie romane (faculté de Lettres de Lisbonne), traducteur, critique littéraire, passionné par sa ville natale dont il nous rend présentes les émotions avec beaucoup d'intensité.



Le poème sur Noël est l'occasion de reprendre un thème qui lui est cher, la nostalgie de l'enfance heureuse, quando les Noëls étaient plein de magie dans les rues, au bord du Tage.


Voici ma traduction libre du poème sur Noël:

Natal à Beira-rio / Noël en bord de rivière

Est-ce  le bras du sapin qui frappe à la fenêtre?
Et la petite aiguille qui court vers sa destinée!
Tais-toi, vieux vent! C’est Noël qui passe,
qui de l’eau m’apporte l’enfance ressuscitée.

De la maison où je suis né on voyait le fleuve.
Si jeunes mes parents, si jeunes dans le passé!
Et l’enfant Jesus naissait à bord d’un navire
qui était sur le quai, la nuit, illuminé...

Oh nuit de Noël, quelle odeur de marée!
Aprés, je ne sais plus qui j’étais perdu sur la terre.
Et plus sur terre la terre m’enveloppait
plus la terre devenait le nord de celui qui errait.

Viens, Poésie, viens, maintenant me conduire
sur le bord de ce quai où Jesus naissait..
Serais-je après tout, de ceux qui errant sur la terre ferme,
de Jésus, de la Mer, ou de la Poésie, sentent la necessité!



                                                            David Mourão-Ferreira
Natal à Beira-rio 

É o braço do abeto a bater na vidraça?
E o ponteiro pequeno a caminho da meta!
Cala-te, vento velho! É o Natal que passa,
a trazer-me da água a infância ressurrecta.

Da casa onde nasci via-se perto o rio.
Tão novos os meus Pais, tão novos no passado!
E o Menino nascia a bordo de um navio
que ficava, no cais, à noite iluminado...
.
Ó noite de Natal, que travo a maresia!
Depois fui não sei quem que se perdeu na terra.
E quanto mais na terra a terra me envolvia
mais da terra fazia o norte de quem erra.
.
Vem tu, Poesia, vem, agora conduzir-me
à beira desse cais onde Jesus nascia...
Serei dos que afinal, errando em terra firme,
precisam de Jesus, de Mar, ou de Poesia!


David Mourão-Ferreira
Cancioneiro de Natal (1971) 

Rues de Lisbonne avec vue sur le Tage


mardi 5 décembre 2017

Olavo Bilac - "Lingua Portuguesa / La langue portugaise"



Olavo Braz Martins dos Guimarães Bilac - poète parnassien,  journaliste et écrivain brésilien, né à Rio de Janeiro, le 16 décembre 1885 - décédé le 28 décembre 1918.


D'après Wikipedia, on peut lire:

...Le nom Parnasse est, à l'origine, celui d'un massif montagneux de Grèce. Dans la mythologie grecque, ce massif était, comme Delphes, consacré à Apollon et il était considéré comme la montagne des Muses, le lieu sacré des poètes. Le Parnasse, devenu le séjour symbolique des poètes, fut finalement assimilé à l'ensemble des poètes, puis à la poésie elle-même... ...

Le Parnasse est un mouvement littéraire ayant eu ses origines en France au XIXème siècle qui s'est créé en réaction contre le romantisme. ...Les parnassiens rejettent l'idée que la littérature puisse être engagée...






Dans ce poème, Olavo Bilac rend hommage à la langue portugaise qu'il admire, et décrit  sa trajectoire et son évolution.
La dernière fleur de Latium est la langue portugaise, originaire du latin parlé dans cette région située au coeur l'empire romain. En même temps splendeur et sepulture (du latin qui disparait), elle gagne à être encore polie et possède toutes sortes de sons qui provoquent des sentiments de nostalgie et de tendresse. Après avoir traversé l'océan, la langue portugaise s'imprégne des aromes de la forêt (du Brésil), où les  premiers mots que les enfants entendent sont en portugais. C'est dans cette langue que le grand poète portugais Camões s'est lamenté lorsqu'il était en exil et qu'il écrivait ses  oeuvres.

J'ai preparé  une simple traduction en français, pour aider ceux qui ne dominent pas cette langue:


Língua Portuguesa / La langue portugaise 




Dernière fleur de Latium, inculte et belle,
Tu es, en même temps, splendeur et sépulture:
Or natif, qui dans la gangue impure
La mine brute entre les graviers surveille...

Je t'aime ainsi, inexplorée et obscure.
Clairon de grande clameur, lyre alanguie,
Qui grondes et siffles telle la tempête,
Et chantes pleine de nostalgie et de tendresse!


J'aime ta vigueur agreste et ta fragrance
De forêts vierges et de vaste océan!
Je t'aime, oh langage rude et lancinant,

par lequel de la voix maternelle j'ai entendu "mon fils!",
Et dans lequel Camões a pleuré, dans un exil affligeant,
Le génie sans fortune et l’amour éteint !



Et voici le texte original do poème Lingua Portuguesa:
Última flor do Lácio, inculta e bela,
És, a um tempo, esplendor e sepultura:
Ouro nativo, que na ganga impura
A bruta mina entre os cascalhos vela...
Amo-te assim, desconhecida e obscura.
Tuba de alto clangor, lira singela,
Que tens o trom e o silvo da procela,
E o arrolo da saudade e da ternura!
Amo o teu viço agreste e o teu aroma
De virgens selvas e de oceano largo!
Amo-te, ó rude e doloroso idioma,
Em que da voz materna ouvi: "meu filho!",
E em que Camões chorou, no exílio amargo,
O génio sem ventura e o amor sem brilho!

vendredi 20 octobre 2017

Candido Guerreiro - Porque nasci ao pé de quatro montes /Parce que je suis né entouré de quatre monts



Francisco Xavier Cândido Guerreiro - poète portugais
(Alte, 3 de Dezembro de 1871 — Lisboa, 11 de Abril de 1953)
Le chemin d'accès aux sources du village de Alte est parsemé de poèmes du poète portugais Cândido Guerreiro qui est né dans cette ville de l'Algarve en 1871.
Plusieurs panneaux d'azulejos servent de support à l'hommage qui est rendu au poète, fils de la ville.  
Ce poème dont j'ai préparé une traduction pour aider ceux qui ne comprennent pas le portugais, fait allusion à la nostalgie que le poète ressentait lorsqu'il faisait ses études à l'Université de Coimbra, et qu'il était ainsi, loin de sa terre natale. 

Parce que je suis né entouré de quatre monts,
Par où les eaux coulent en chantant
Les chansons des moulins et des ponts,
Les eaux m’ont appris à parler…

Je connais votre langage, eau des sources…
Vous pouvex me parler, eaux de l’océan…
Et le soir j’entends, les lointains horizons,
Qui pleurent avec une singulière nostalgie...

Et parce que je comprends bien cette agonie,
Et que je comprends les secrets intimes
Des voix de la mer ou du rocher muet,

Je suis le frère de la lumière, de l’air et de l’eau,
Je suis le frère des abruptes rochers,
Je sens que je suis Dieu, car Dieu est le monde entier...


Voici le texte original :

Porque nasci ao pé de quatro montes,
Por onde as águas passam a cantar
As canções dos moinhos e das pontes
Ensinarem-me as águas a falar…

Eu sei a vossa língua, água das fontes…
Podeis falar comigo, águas do mar…
E ouço à tarde, os longínquos horizontes,
Chorar uma saudade singular…

E porque entendo bem aquelas mágoas,
E compreendo os íntimos segredos
Da voz do mar ou do rochedo mudo,

Sinto-me irmão da luz, do ar, das águas,
Sinto-me irmão dos íngremes penedos,
Sinto que sou Deus, pois Deus é tudo...

Il y a d'autres poèmes de Cândido Guerreiro que l'on peut admirer dans la ville de Alte, autour de l'enceinte de la rivière:







samedi 2 septembre 2017

Fernando Lopes Graça - "Acordai / Reveillez-vous"



Fernando Lopes-Graça est un compositeur portugais né le 17 décembre 1906 à Tomar et mort à Parede le 27 novembre 1994.
Il est considéré comme l'un des plus grands compositeurs portugais du XXee siècle. 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fernando_Lopes-Gra%C3%A7a

Le compositeur utilise largement son activité artistique dans le but de réveiller les consciences endormies par la propagande du régime.
Militant du parti communiste portugais, Lopes Graça a été incarcéré pendant la dictature de Salazar. Ses oeuvres appelaient à l'engagement politique. Cela lui a valu bien des déboires comme le besoin de recourir à l’exil.

Les paroles  sont de José Gomes Ferreira, écrivain, poète, lui aussi un intellectuel portugais engagé dans la lutte contre le fascisme.


Acordai! / Réveillez-vous!
Acordai!/
Réveillez-vous!
Homens que dormis/
Hommes qui dormez
a embalar a dôr/
et qui bercez la souffrance
dos silêncios vís!/
des silences vils!
Vinde no clamor /
Venez avec la huée
das almas virís,/
des coeurs virils
arrancar a flor /
arracher la fleur
que dorme na raíz!/
qui dort profondément!
Acordai!
Réveillez-vous!
Raios e tufões/
Éclairs et ouragans
que dormís no ar /
qui dormez dans l’air
e nas muitidões! /
et parmi les foules!
Vinde incendiar /
Venez incendier
de astros e canções /
d’astres et de chansons
as pedras e o mar/
les pierres et l’océan
o mundo e os corações! /
le monde et les coeurs!
Acordai! Réveillez
Acendei /
Allumez
de almas e de sóis,/
d’ âmes et de soleils,
este mar sem cais /
cette mer sans quai
nem luz de faróis! /ni lumière de phares!
Acordai depois / Réveillez après
das lutas finais /
des luttes finales
os nossos heróis /
nos héros
que dormem nos covais/
qui dorment dans les trouées!
Acordai!
Réveillez-vous!




Interprété par le Groupe Chorale de l’Université de Coimbra

lundi 19 juin 2017

Luis de Camoes - "Dece do Ceu imenso, Deus benino / Descend du ciel immense, Dieu béni



Luís Vaz de Camões  (1524 – 1580) –  poète portugais 

Poète  épique auteur des "Os Lusíadas" mais aussi poète de l'amour,  et poète de la foi, considéré le plus grand poète portugais du XVIe siècle. Un grand humaniste qui s'est interessé à tous les thèmes de la culture, autant aux thèmes classiques de l'Antiquité comme à ceux de l'ère chrétienne.
Dans le poème suivant, dont j'ai fait une rapide traduction libre, Camões nous invite à la contemplation des mystère de la foi et de ce Dieu d'humilité.


Descend du ciel immense, Dieu bon


Descend du ciel immense, Dieu bon
pour incarner la Vierge souveraine.
« Pourquoi descend le divin dans la chose humaine? »
« Pour que l’humain s’élève et devienne divin. »

« Comment vient-il si pauvre et si enfant,
se livrant au pouvoir de la main tyrannique? "
« Parce qu’il vient subir la mort inhumaine
pour d’Adam racheter la folie".

« Mais comment? Adam et Eve ont mangé le fruit
qui, par leur propre Dieu, leur avait été défendu? "
« Si, pour que l'être même des dieux ils prennent. »

« Et pour cette raison il a été fait homme? »
« Si. Parce avec cause il a été convenu que
l'homme voulant être un dieu, puisse Dieu devenir un homme ".


Je vous invite à écouter une superbe interprétation du poème par le groupe chorale "Coro Misto e Coro de Câmara da Academia de Música de Santa Cecília", la soprano portugaise Joana Seara, le maestro António Gonçalves et les 6 orgues du Monastère de Mafra:


Ajoutée le 28 déc. 2016 Dece do Ceo | Eurico Carrapatoso (sobre soneto de Camões) Encomenda da Academia de Música de Santa Cecília Estreia: Basilica de Mafra, 17.12.2016
Soprano: Joana Seara Coro Infantil, Coro Misto e Coro de Câmara da Academia de Música de Santa Cecília
Seis órgãos históricos da Basílica (dir. Rui Paiva) Maestro: António Gonçalves


Dece do Céu imenso, Deus benino


Dece do Céu imenso, Deus benino,
para encarnar na Virgem soberana.
«Porque dece divino em cousa humana?»
«Para subir o humano a ser Divino».

«Pois como vem tão pobre e tão minino,
rendendo-se ao poder da mão tirana?»
«Porque vem receber morte inumana
para pagar de Adão o desatino».

«Pois como? Adão e Eva o fruto comem
que por seu próprio Deus lhe foi vedado?»
«Si, por que o próprio ser de deuses tomem».

«E por essa razão foi humanado?»
«Si. Porque foi com causa decretado,
se o homem quis ser deus, que Deus seja homem».


Camões