dimanche 21 août 2016

Carlos de Oliveira - "O Viandante / L' itinérant"




Carlos de Oliveira (1921-1981) poète portugais

nasceu em Belém do Pará, Brasil, e faleceu em Lisboa

je vous invite à lire ma traduction libre du poème de ce poète portugais:

O Viandante /  L’ itinérant


J’apporte des nouvelles de la faim
qui parcourt les champs tristes:
la furie du vent s’est déchaînée
mais toi, la misère, tu persistes.
Tristes nouvelles que je vous donne:
de la tige tombèrent les épis,
le galop du vent s’en est allé
mais toi, la misère, tu es restée.
Le nuit a fui, le jour a fui,
des étoiles la couleur s’est sauvée:
mais, étoile dans les champs tristes,
toi seule, la misère, tu nous assistes.



Texte original:

Trago notícias da fome
que corre nos campos tristes:
soltou-se a fúria do vento
et tu, miséria, persistes.
Tristes notícias vos dou:
caíram espigas da haste,
foi-se o galope do vento
e tu, miséria, ficaste.
Foi-se a noite, foi-se o dia,
fugiu a cor às estrelas:
e, estrela nos campos tristes,,
só tu , miséria, nos velas.


CARLOS DE OLIVEIRA, Mãe Pobre

dimanche 17 juillet 2016

Vieira Calado - "O segredo dos passaros / Le secret des oiseaux"




José Vieira Calado, poète portugais
poésie portugaise contemporaine
Je vous invite à lire ma traduction libre de ce joli poème de Vieira Calado, un poète portugais contemporain!
Voici ma traduction libre:


O segredo dos pássaros / Le secret des oiseaux

Le cœur connaît le secret des oiseaux,
le désir d'horizons au-delà de l'horizon.

Le secret des oiseaux est une étincelle
de lumière qui recherche la simplicité d'une vie
.

images en mouvement qui agrandissent notre sol,

dans les seules mémoires diffuses d’exiguïté
et fantômes de velours passant des mains inertes
sur notre visage.

Ou les flammes bleues d'un après-midi échaudé
et la ligne d'un arc-en-ciel
en ses couleurs de transparence glacée.


Le cœur connaît le secret des oiseaux
et leur banissement.
Et je ne fais que recommencer les travaux
de la simplicité de ma vie
dont je reconnais  l’exiguïté
accompagnée par des horizons de brume.



Et voici le texte original:

O segredo dos pássaros

O coração conhece o segredo dos pássaros,
a ânsia de horizontes para além do horizonte.

O segredo dos pássaros é uma centelha
de luz rebuscando a simplicidade duma vida


imagens móveis que alargam o nosso chão,
apenas em memórias difusas de exiguidade
e fantasmas de veludo passando mãos inertes
sobre o nosso rosto.


Ou labaredas azuis duma tarde quente
e o fio dum arco-íris
em suas cores de transparência e frio.


O coração conhece o segredo dos pássaros
e o seu degredo.
E eu apenas recomeço os trabalhos
da simplicidade da minha vida
e reconheço a sua exiguidade
guiada por horizontes de bruma.

Vieira Calado


Aves de Portugal
Publié par Paolo Bertini

mercredi 18 mai 2016

Luis de Camoes - "Alma minha gentil, que te partiste / Ma douce mie, si tôt partie"



Luís Vaz de Camões  (1524 – 1580) –  poète portugais 

Alma minha gentil, que te partiste / Ma douce mie, si tôt partie

O poema foi escrito pelo português Luís de Camões a respeito da sua falecida amada Dinamene.

Le poète portugais Luis de Camões dédia ce poème à sa bien-aimée Dinamene, décédée en pleine jeunesse

Voici ma traduction libre du célèbre sonnet :

Ma douce mie, de cette vie
Si tôt partie, mécontente,
Qu’au Ciel tu reposes éternellement,
Et que sur terre je vive toujours triste.

Si dans le cadre céleste, où tu est montée,
Les souvenirs de cette vie sont permis,
N’oublie pas cet amour ardent et si pur
Que déjà dans mes yeux tu voyais.

Et si tu vois qu’un quelconque bien
Peut te servir la douleur qui m’est restée
De la souffrance, sans remède, de t’avoir perdue,

Prie Dieu, que ta vie a écourtée,
Pour que vite il m’emporte pour te revoir,
Aussi vite que loin de mes yeux il t’a emportée.


Alma Minha Gentil - Canto Lírico - Poema de Luiz de Camões publié par beatriz pereira

Avec la voix de la chanteuse portugaise soprano Marina Pacheco
au piano Joana David

Le texte original du sonnet:

Alma minha gentil, que te partiste
Tão cedo desta vida descontente,
Repousa lá no Céu eternamente,
E viva eu cá na terra sempre triste.

Se lá no assento etéreo, onde subiste,
Memória desta vida se consente,
Não te esqueças daquele amor ardente
Que já nos olhos meus tão puro viste.

E se vires que pode merecer-te
Alguma cousa a dor que me ficou
Da mágoa, sem remédio, de perder-te,

Roga a Deus, que teus anos encurtou,
Que tão cedo de cá me leve a ver-te,
Quão cedo de meus olhos te levou.


Luís Vaz de Camões (1595) Rimas, Soneto XIII


lundi 18 avril 2016

Miguel Torga - "Hossana"

Miguel Torga   (1907 -1995), poète portugais


Je vous invite à lire ce joli poème de Miguel Torga, un poète portugais qui adorait la nature!
Voici ma traduction libre:


Hosanna!

Jonchez de fleurs le sol du vieux monde:
L'avenir se profile!
Désiré par tous les poètes
Et tous les prophètes
De la vie
Il a laissé son refuge
Et s'est mis en route.
Personne ne l'a encore vu, mais il est beau.
Il est l'avenir...
 

Mettez plus de romarin
Dans chaque rue,
Sur chaque porte,
Dans chaque mur,
Et ayez confiance dans les miracles
De ce Messie qui renouvelle le temps.
Le passé est passé.
Le présent agonise.
Recouvrez de fleurs la seule vérité
Celle qui s'éternise !

 


 
Junquem de flores o chão do velho mundo:
Vem o futuro aí!
Desejado por todos os poetas
E profetas
Da vida
Deixou a sua ermida
E meteu-se a caminho.
Ninguém ainda o viu, mas é belo.
É o futuro...
 

Ponham mais rosmaninho
Em cada rua,
Em cada porta,
Em cada muro,
E tenham confiança nos milagres
Desse Messias que renova o tempo.
O passado passou.
O presente agoniza.
Cubram de flores a única verdade
Que se eterniza !


MIGUEL TORGA


samedi 2 avril 2016

Cecilia Meireles - "Motivo - Motif"




Cecília Benevides de Carvalho Meireles  (1901 - 1964) –  poétesse brésilienne


Je vous présente ma traduction libre d'un  joli poème de Cecília Meireles qui utilize les mots avec beaucoup de légèreté:

MOTIVO / LE MOTIF


Je chante parce que l’instant existe
et que ma vie est complète.
Je ne suis ni gaie ni je suis triste:
je suis poète.

Ami des choses éphemères,
je ne ressens ni la joie ni le tourment.
Je traverse les nuits et les jours
de par le vent.

Si j’écroule ou si j’édifie,
si je dure ou si je me démolis,
- je ne sais , je ne sais. Je ne sais pas si je reste
ou si je m’en vais.

Je sais que je chante. Et la chanson est tout.
Elle a le sang éternel l’aile rythmée.
Et un jour je sais que je serai muet:
-  rien de plus.


Et le texte original:

Eu canto porque o instante existe
e a minha vida está completa.
Não sou alegre nem sou triste:
sou poeta.

Irmão das coisas fugidias,
não sinto gozo nem tormento.
Atravesso noites e dias
no vento.

Se desmorono ou se edifico,
se permaneço ou me desfaço,
- não sei, não sei. Não sei se fico
ou passo.

Sei que canto. E a canção é tudo.
Tem sangue eterno a asa ritmada.
E um dia sei que estarei mudo:
- mais nada.

mardi 8 mars 2016

Luis de Camoes - " Descalça vai para a fonte ! Pieds nus elle va a la source"



Luís Vaz de Camões  (1524 – 1580) –  poète portugais 


Je vous présente ma traduction d'un poème du poète Luís de Camões

car c'est la Journée Internationale de la femme! 

Ce n'est que ma traduction libre, j'espère que vous aimerez cette Leonor :

Descalça vai para a fonte ! Pieds nus elle va a la source



Pieds nus elle va à la source
Leonor, par la verdure;
Elle va belle, mais pas sûre d'elle.

Sur la tête elle porte la cruche,
Le couvercle dans ses mains d'argent,
Ceinture de fine escarlate,
Petite veste de laine;
Elle porte la jupe plissée,
Plus blanche que la neige pure.
 Elle va belle mais pas sûre d'elle.

La gorge par le bonnet dévoilée,
Les cheveux en or tressés,
Ruban de couleur vermeil,
Si belle que le monde s'émerveille.
Sur elle tant de grâce se déverse,
Que gagne en charme la beauté.
Elle va belle mais pas sûre d'elle.

               


Et voici le poème original:

Descalça vai para a fonte


Descalça vai para a fonte
Leonor, pela verdura;
Vai formosa, e não segura.

Leva na cabeça o pote,
O testo nas mãos de prata,
Cinta de fina escarlata,
Sainho de chamalote;
Traz a vasquinha de cote,
Mais branca que a neve pura.
Vai formosa e não segura.

Descobre a touca a garganta,
Cabelos de ouro entrançado
Fita de cor de encarnado,
Tão linda que o mundo espanta.
Chove nela graça tanta,
Que dá graça à formosura.
Vai formosa e não segura.


Luís de Camões


 
Source de l'image ci-dessus:http://usazeitaoliteratura.blogspot.pt/2010/08/mote-descalca-vai-pera-fonte-lianor.html
 

vendredi 5 février 2016

Jorge Barbosa - "Poema do Mar / Le poème de la Mer"

Jorge Barbosa   (1902 -1971), poète cap-verdien

Jorge Vera Cruz Barbosa est un poète cap-verdien qui est né dans l'ìle de Santiago, au Cap-Vert, le 22 mai 1902.

 
Je vous invite à lire le poème de la Mer "Poema do Mar" qui décrit le dilemme des habitants des îles désireux de s'évader pour connaître d'autres lieux, et pour cela il faut traverser la mer toujours presente, le voyage étant en même temps un drame qui les éloigne des réalités du pays natal.

Pour cela je vous propose ma traduction libre pour aider ceux qui ne connaissent pas le portugais:



Poema do Mar / Le poème de la Mer

Le drame de la Mer,
L’inquiétude de la Mer,
toujours
toujours
en nous!

La mer!
qui encercle
qui emprisonne  nos îles!
qui ronge les rochers de nos îles!
Qui laisse l'émail de son salpêtre sur le visage des pêcheurs,
qui ronfle sur le sable de nos plages
Qui frappe de sa voix contre les collines,
qui balance les bateaux en bois qui vont sur ces rivages ...

La Mer!
qui met des prières sur les lèvres,
qui laisse dans les yeux de ceux qui sont restés
la nostalgie résignée de pays lointains
qui arrivent jusqu’à nous dans les empreintes des illustrations
dans les bandes de films
et dans cet air d'autres climats qu’arborent les passagers
lorsqu’ils débarquent pour voir la pauvreté du pays!

La Mer!
l’espoir dans la lettre de loin
qui peut-être n’arrivera plus!

La Mer!
nostalgie des vieux marins qui racontent des histoires d'autrefois,
histoires de la baleine qui a renversé le canot ...
des débauches, des bagarres, des femmes, dans les ports étrangers ...

La Mer! en chacun de nous,
dans le chant de la Morna,
dans le corps des filles brunes,
dans les cuisses agiles des femmes noires,
dans le désir du voyage qui reste dans les rêves de beaucoup de gens!


Cette invitation de tous les moments
que la mer nous fait vers l’évasion!
Ce désespoir de vouloir partir
alors qu’on ne peut que rester!

 




Et voici le texte du poème original:

O drama do Mar,
O desassossego do Mar,
sempre
sempre
dentro de nós!

O Mar!
cercando
prendendo as nossa Ilhas!
desgastando as rochas das nossas Ilhas!
Deixando o esmalte do seu salitre nas faces dos pesccadores,
roncando nas areias das nossas praias,
batendo a sua voz de encontro aos montes,

baloiçando os barquinhos de pau que vão por estas costas…


O Mar!
pondo rezas nos lábios,
deixando nos olhos dos que ficaram
a nostalgia resignada de países distantes
que chegam até nós nas estampas das ilustrações
nas fitas de cinema
e nesse ar de outros climas que trazem os passageiros
quando desembarcam para ver a pobreza da terra!

O Mar!
a esperança na carta de longe
que talvez não chegue mais!

O Mar!
saudades dos velhos marinheiros contando histórias de tempos passados,
histórias da baleia que uma vez virou a canoa…
de bebedeiras, de rixas, de mulheres, nos portos estrangeiros…

O Mar! dentro de nós todos,
no canto da Morna,
no corpo das raparigas morenas,
nas coxas ágeis das pretas,
no desejo da viagem que fica em sonhos de muita gente!

Este convite de toda a hora
que o Mar nos faz para a evasão!
Este desespero de querer partir
e ter que ficar!

 
 Jorge Barbosa