Pausa deste blog

Affichage des articles dont le libellé est Antonio Gedeao. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Antonio Gedeao. Afficher tous les articles

mercredi 13 mai 2020

Antonio Gedeao - "Maezinha / Maman"



Le mois de mai, est le mois de la Fête des Mères, célébrée le premier dimanche du mois au Portugal, le deuxième dimanche au Brésil.
Je vous invite à écouter et à lire un poème du poète portugais António Gedeão, 
António Gedeão étant le pseudonyme de Rómulo Vasco da Gama de Carvalho, poète, écrivain, professeur, historien, né à Lisbonne
(1906-1997).
MÃEZINHA, António Gedeão - Poème récité par Vitor D' Andrade RTP 
"Um Poema por Semana" é uma ideia de Paula Moura Pinheiro. São 15 poemas em 75 dias, ditos por 75 pessoas. www.rtp.pt/umpoemaporsemana; www.facebook.com/rtpdois;
Poema "Mãezinha" de António Gedeão - Publié par RTP - 24/03/2011

António Gedeão (Rómulo Vasco da Gama de Carvalho) nasceu em 24 de Novembro de 1906, na Rua do Arco do Limoeiro em Lisboa, e foi professor, pedagogo e autor de manuais escolares, historiador da ciência e da educação, divulgador científico e poeta. Faleceu em 1997.


Mãezinha / Maman


A terra de meu pai era pequena
e os transportes difíceis.
Não havia comboios, nem automóveis, nem aviões, nem mísseis.
Corria branda a noite e a vida era serena.

Segundo informação, concreta e exata,
dos boletins oficiais,
viviam lá na terra, a essa data
3023 mulheres, das quais
45 por cento eram de tenra idade,
chamando tenra idade
à que vai do berço até à puberdade.

28 por cento das restantes
eram senhoras, daquelas senhoras que só havia dantes.
Umas, viúvas, que nunca mais (oh! nunca mais!) tinham sequer sorrido
desde o dia da morte do extremoso marido;
outras, senhoras casadas, mães de filhos...
(De resto, as senhoras casadas,
pelas suas próprias condições,
não têm que ser consideradas
nestas considerações.)

Das outras, 10 por cento,
eram meninas casadoiras, seriíssimas, discretas,
mas que por temperamento,
ou por outras razões mais ou menos secretas,
não se inclinavam para o casamento.

Além destas meninas
havia, salvo erro, 32,
que à meiga luz das horas vespertinas
se punham a bordar por detrás das cortinas
espreitando, de revés, quem passava nas ruas.

Dessas havia 9 que moravam
em prédios baixos como então havia,
um aqui, outro além, mas que todos ficavam
no troço habitual que o meu pai percorria,
tranquilamente no maior sossego, às horas em
que entrava e saía do emprego.

Dessas 9 excelentes raparigas
uma fugiu com o criado da lavoura;
5 morreram novas, de bexigas;
outra, que veio a ser grande senhora,
teve as suas fraquezas mas casou-se
e foi condessa por real mercê;
outra suicidou-se
não se sabe porquê.

A que sobeja
chama-se Rosinha.
Foi essa que o meu pai levou à igreja.
Foi a minha mãezinha.

António Gedeão (image du net)
Avec ma traduction d'amateur:

La région de mon père était petite
et les transports difficiles.
Il n'y avait ni trains, ni voitures, ni avions, ni missiles.
La nuit se déroulait calme et la vie était sereine.

Selon les informations, concrètes et exactes,
des bulletins officiels,
dans le pays vivaient, à cette date
3023 femmes, dont
45 pour cent étaient enfants en bas âge,
bas âge se sous-entend
celui qui va du berceau à la puberté.

28 pour cent du reste
étaient des dames, de ces dames qu'il y avait avant.
Quelques unes, des veuves qui n'avaient plus jamais (oh! plus jamais!) même pas souri
depuis le jour de la mort de leur merveilleux mari;
d'autres, des dames mariées, mères d'enfants ...
(En fait, les dames mariées,
de par leur propres conditions,
ne doivent pas être considérées
dans les présentes considérations)

Parmi les autres, 10 pour cent,
étaient des filles en âge de se marier, très sérieuses, discrètes,
mais qui par leur caractère,
ou pour d'autres raisons plus ou moins secrètes,
pour le mariage n'avaient pas de penchant.

Outre ces filles
il y en avait, sauf erreur, 32,
qui à la douce lumière des heures du soir
se mettaient à broder derrière les rideaux
tout en guettant, du coin de l'oeil, qui dans les rues passait.

De ce nombre, 9 vivaient
dans des bâtiments bas comme à l'époque il existait,
un ici, un là-bas, mais que tous étaient situés
dans le parcours habituel que mon père suivait,
tranquillement dans le plus grand calme, aux heures
qu'il allait et rentrait du travail.

De ces 9 admirables jeunes filles
une s'est enfuie avec l'employé de la ferme;
5 de la varicelle sont mortes jeunes;
une autre, qui est devenu une grande dame,
qui a eu ses faiblesses mais qui s'est mariée
et est devenue comtesse par volonté du roi;
une autre s'est suicidée
on ne sait pas pourquoi.

Celle qui reste
s'appelle Rosinha.
C'est celle que mon père emmena à l'église.
C'était ma maman.

Le mois de mai est aussi le mois de la grande fête de Fátima. Malheureusement cette année, le sanctuaire est fermé, et les célébrations se déroulent sans la présence des pélerins. On ne voit pas les belles images, comme celles de 2018:
Procissão das Procissão das Velas - Santuário de Fátima - 
Publié par Portugal cool  •04/05/2018

dimanche 11 décembre 2016

Antonio Gedeao - "Pedra filosofal / pierre philosophale"


Antonio Gedão - Pedra filosofal - chanté par Manuel Freire - publié par Eduardo Cunha

Antonio Gedeão   –   poète portugais

De son vrai nom Rómulo Vasco da Gama de Carvalho, professeur et poète portugais né à Lisbonne le 24 novembre 1906, décédé en 1997.

Je vous invite à lire et à écouter ce poème écrit dans les années 60, très connu, de ce grand poète portugais du siècle dernier, et pour cela je vous propose une traduction libre du texte:

Pedra filosofal / pierre philosophale

Ils ne savent pas que le rêve
est une constante de la vie
aussi concrète et définie
que n'importe quelle autre chose,
comme cette pierre grise
sur laquelle assis je me repose,
comme ce ruisseau acalmé
en de sereins soubressauts,
comme ces sapins hauts
qui de vert et or s'agitent,
comme ces oiseaux qui crient
en des soûleries d'Azur


Ils ne savent pas que le rêve,
est le vin, l'écume, le ferment,
petit animal vif et assoiffé,
avec son museau pintu,
qui creuse au travers de tout
dans un perpétuel mouvement.


Ils ne savent pas que le rêve
est la toile, la couleur, le pinceau,
la base, le fût, le chapiteau,l'arc en ogive,
le vitraille pinacle de cathédrale,
le contrepoint, la symphonie,
qu'il est la moufle de l'alchimiste,
l'or, la cannelle, l'ivoire,
le fleuret de l'escrimeur,
les coulisses, le pas de danse,
Colombine et Arlequin,
la machine volante,
le paratonnerre, la locomotive,
le bateau à la proue festive,
le haut fourneau, le générateur,
la scission de l'atome, le radar,
l'ultra-son, la télévision,
l'aterrissage en fusée
sur la surface lunaire.


Ils ne savent pas, ni ils devinent,
que le rêve comande la vie.
Qu'à chaque fois que l'homme rêve
le monde rebondit, et va de l'avant
comme un ballon coloré
entre les mains d'un enfant.

António Gedeão, vivant sous le régime de la dictature qui a gouverné le Portugal pendant près de 40 ans jusqu'à la Révolution des Oeillets qui a eu lieu le 25 avril 1974, faisait partie des poètes qui lutaient pour la liberté d'expression.
Dans ce poème, il critiquait la répression sous toutes ses formes; intégré dans le mouvement des artistes engagés, ce poème était un cri de révolte et en même temps d'espoir pour toute une génération.

Et voici le texte original:

Eles não sabem que o sonho
é uma constante da vida
tão concreta e definida
como outra coisa qualquer,
como esta pedra cinzenta
em que me sento e descanso,
como este ribeiro manso
em serenos sobressaltos,
como estes pinheiros altos
que em verde e oiro se agitam,
como estas aves que gritam
em bebedeiras de azul.

Eles não sabem que o sonho
é vinho, é espuma, é fermento,
bichinho álacre e sedento,
focinho pontiagudo,
que fossa através de tudo
num perpétuo movimento.

Eles não sabem que o sonho
é tela, é cor, é pincel,
base, fuste, capitel,
arco em ogiva, vitral,
pináculo de catedral,
contraponto, sinfonia,
máscara grega, magia,
que é retorta de alquimista,
mapa do mundo distante,
rosa dos ventos, Infante,
caravela quinhentista,
que é cabo da Boa Esperança,
ouro, canela, marfim,
florete de espadachim,
bastidor, passo de dança,
Colombina e Arlequim,
passarola voadora,
para-raios, locomotiva,
barco de proa festiva,
alto-forno, geradora,
cisão de átomo, radar,
ultra-som, televisão,
desembarque em foguetão
na superfície lunar.

Eles não sabem, nem sonham,
que o sonho comanda a vida.
Que sempre que o homem sonha
o mundo pula e avança
como bola colorida
entre as mãos de uma criança.

António Gedeão