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samedi 5 novembre 2016

Jose Regio - "Fado português / Fado portugais"


José Régio  (1901 -1969), poète portugais

Né à Vila do Conde, nom de baptême : José Maria dos Reis Pereira,
est un écrivain, poète, nouvelliste, dramaturge, romancier..

Poème en l’honneur des marins et navigateurs portugais et les traditions que le peuple tient à préserver!

Voici la publication interprétée par Amália Rodrigues:
Amália Rodrigues - Fado Português publié par fadomeu

Je profite de la traduction que j'avais déjà fait dans un autre post (texte chanté par Amália Rodrigues)
Fado português / Fado portugais

O Fado nasceu um dia, Le Fado est né un jour
quando o vento mal bulia
quand le vent bougeait à peine
e o céu o mar prolongava
, et la mer le ciel prolongeait,
na amurada dum veleiro, sur le pont d’un voilier,
no peito dum marinheiro dans la poitrine d’un marin
que, estando triste, cantava,
qui, en étant triste, chantait,
que, estando triste, cantava. qui, en étant triste ,chantait

Ai, que lindeza tamanha,
Ah, que tant de beauté,
meu chão , meu monte, meu vale,
mon sol, ma montagne, ma vallée,
de folhas, flores, frutas de oiro, de feuilles, de fleurs, de fruits d’or,
vê se vês terras de Espanha,
regarde si tu vois les terres d’Espagne,
areias de Portugal,
les plages du Portugal,
olhar ceguinho de choro
un regard aveugle de pleurs.

Na boca dum marinheiro Dans la bouche d’un marin
do frágil barco veleiro,
du fragile bateau voilier

,morrendo a canção magoada, mourait la chanson attristée,
diz o pungir dos desejos dit l'invocation du désir
do lábio a queimar de beijos
des lèvres brûlants de baisers
que beija o ar, e mais nada,
que l’air, et rien d’autre embrassaient,
que beija o ar, e mais nada.
que l’air, et rien d’autre embrassaient.


Mãe, adeus. Adeus, Maria.
Au revoir, ma mère. Au revoir, Marie.
Guarda bem no teu sentido
Garde bien dans ta pensée
que aqui te faço uma jura
: ce qu'ici je te le jure:
que ou te levo à sacristia,
de t’emmener à la sacristie,
ou foi Deus que foi servido
ou c’est Dieu qui aura été servi
dar-me no mar sepultura
. en me donnant la mer comme sépulture.

Ora eis que embora outro dia,
Mais voici qu’en un autre jour
quando o vento nem bulia
quand le vent bougeait à peine

o céu o mar prolongava, et que le ciel la mer prolongeait,
à proa de outro veleiro
à la proue d’un autre voilier
velava outro marinheiro
un autre marin veillait

que, estando triste, cantava, qui, en étant triste, chantait,
que, estando triste, cantava. qui, en étant triste chantait.

Ai, que lindeza tamanha, Ah, que tant de beauté,
meu chão , meu monte, meu vale
, mon sol, ma montagne, ma vallée,
de folhas, flores, frutas de oiro, de feuilles, de fleurs, de fruits d’or,
vê se vês terras de Espanha
, regarde si tu vois les terres d’Espagne,
areias de Portugal,
les plages du Portugal,
olhar ceguinho de choro.
un regard aveugle de pleurs.


Ecoutons les belles voix de Gonçalo Salgueiro et d'Alexandra :
Lors d'un spectacle de Filipe La Féria, la scène du marin reprend un extrait du texte du poème :


vendredi 15 janvier 2016

Jose Regio - "Cantico Negro / Chanson Noire"

José Régio  (1901 -1969), poète portugais

Né à Vila do Conde, nom de baptême : José Maria dos Reis Pereira,
est un écrivain, poète, nouvelliste, dramaturge, romancier...


Et je vous propose ma traduction libre d'amateur pour aider ceux qui ne comprennent pas le portugais:

"Viens par ici" - me disent certains avec des yeux doux,
 
Me tendant les bras, et en étant surs
 
De que ça serait bien si je les entendais
 
Quand ils me disent: "Viens par ici!"
 
Je les regarde avec des yeux blasés,
 
(Il y a dans mes yeux l'ironie et la fatigue)
 
Et je croise mes bras,
 
Et je n'irai jamais par lá ...

Ma gloire est celle-là:
 
Créer l’inhumanité!
 
Ne suivre personne.
 
- Car le manque d’entrain avec laquelle je vis

Est le même que celui avec lequel j’ai déchiré le ventre de ma mère.

Non, je n'irai pas par là! Je vais juste par où
M’emmènent mes propres pas...


Si aucun de vous ne répond à ce que je prétends savoir,
Pourquoi me répétez-vous : « viens par ici » ?
Je préfère glisser dans les ruelles boueuses,
Tourbillonner au gré des vents,
Comme des lambeaux, traîner les pieds sanglants,
Plutôt que d’aller par là...
Si je suis venu au monde, c’était
Seulement pour déflorer les forêts vierges,
Et dessiner mes propres pieds dans le sable inexploré !
Tout ce que je peux faire d’autre ne vaut rien.

Comment alors serez-vous
Ceux qui me donnent les haches, les outils, et le courage
Pour que je renverse mes obstacles ?...
Il coule, dans vos veines, le sang usé de vos aieux,
Et vous aimez ce qui est facile !
Moi j’aime le Lointain et l’Illusion,
J’aime les abîmes, les torrents, les déserts...

Partez! Vous avez les routes,
Vous avez les jardins, vous avez les parterres,
Vous avez les patries, avous avec les toits,
Et avez des règles, des traités, des philosophes et des savants.
Moi j’ai ma Folie!
Je la soulève, tel un flambeau, qui brûle dans la nuit obscure,
Et je sens l’écume, le sang, et des chansons sur mes lèvres...

C’est Dieu et le Diable qui me guident, personne d’autre.
Tous ont eu un père, tous ont eu une mère;
Mais moi, qui ne jamais commence ni termine,
Je suis né de l’amour qui existe entre Dieu et le Diable.

Oh, que personne ne me donne de pieuses intentions
Que personne ne me demande des définitions!
Que personne ne me dise: “viens par ici”!
Ma vie est un ouragan qui s’est déchaîné.
C’est une vague qui s’est soulevée.
C’est un atome en plus qui s’est activé…
Je ne sais par où je vais aller,
Je ne sais vers où je vais aller,
- Je sais que je n'irai pas par là.

texte original


"Vem por aqui" — dizem-me alguns com os olhos doces
Estendendo-me os braços, e seguros
De que seria bom que eu os ouvisse
Quando me dizem: "vem por aqui!"
Eu olho-os com olhos lassos,
(Há, nos olhos meus, ironias e cansaços)
E cruzo os braços,
E nunca vou por ali...


A minha glória é esta:
Criar desumanidades!
Não acompanhar ninguém.
— Que eu vivo com o mesmo sem-vontade
Com que rasguei o ventre à minha mãe


Não, não vou por aí! Só vou por onde
Me levam meus próprios passos...
Se ao que busco saber nenhum de vós responde
Por que me repetis: "vem por aqui!"?
Prefiro escorregar nos becos lamacentos,
Redemoinhar aos ventos,
Como farrapos, arrastar os pés sangrentos,
A ir por aí...
Se vim ao mundo, foi
Só para desflorar florestas virgens,
E desenhar meus próprios pés na areia inexplorada!
O mais que faço não vale nada.
Como, pois, sereis vós
Que me dareis impulsos, ferramentas e coragem
Para eu derrubar os meus obstáculos?...
Corre, nas vossas veias, sangue velho dos avós,
E vós amais o que é fácil!
Eu amo o Longe e a Miragem,
Amo os abismos, as torrentes, os desertos...

Ide! Tendes estradas,
Tendes jardins, tendes canteiros,
Tendes pátria, tendes tetos,
E tendes regras, e tratados, e filósofos, e sábios...
Eu tenho a minha Loucura !
Levanto-a, como um facho, a arder na noite escura,
E sinto espuma, e sangue, e cânticos nos lábios...
Deus e o Diabo é que guiam, mais ninguém!
Todos tiveram pai, todos tiveram mãe;
Mas eu, que nunca principio nem acabo,
Nasci do amor que há entre Deus e o Diabo.
Ah, que ninguém me dê piedosas intenções,
Ninguém me peça definições!
Ninguém me diga: "vem por aqui"!
A minha vida é um vendaval que se soltou,
É uma onda que se alevantou,
É um átomo a mais que se animou...
Não sei por onde vou,
Não sei para onde vou
Sei que não vou por aí!

José Régio